Remboursement des prothèses mammaires externes standards
C’est souvent l’une des premières questions après le diagnostic : « Est-ce que ma prothèse sera remboursée ? »
La réponse courte : oui, à 100 %, pour les prothèses standards. Cependant quelques précisions. En effet, comprendre le remboursement des dispositifs médicaux en France, c’est aussi comprendre pourquoi certaines innovations mettent du temps à devenir accessibles à toutes.
Cet article n’est pas là pour critiquer le système, mais pour vous l’expliquer clairement, avec respect pour tous les acteurs qui y travaillent.
Ce qui est remboursé aujourd’hui
En France, les prothèses mammaires externes standards sont prises en charge à 100 % par l’Assurance Maladie. C’est une avancée réelle pour les femmes après une mastectomie.
Concrètement, voici les montants pris en charge :
- 25 € pour une prothèse transitoire textile (juste après l’opération)
- 180 € pour une prothèse standard en silicone
- 240 € pour une prothèse technique en silicone
Pour en bénéficier, trois conditions s’appliquent : une ordonnance de votre médecin ou chirurgien, un achat auprès d’un fournisseur agréé (orthopédiste, applicatrice ou pharmacie spécialisée), et un essayage. À noter : la première prise en charge se renouvelle dès la fin du 12ᵉ mois sur nouvelle ordonnance, puis tous les 18 mois ensuite.
En pratique, une femme qui sort de l’hôpital après une mastectomie peut donc obtenir une prothèse standard entièrement prise en charge. C’est un droit. Faites-le valoir.
Pourquoi les prothèses innovantes ne sont pas concernées
Toutefois, « remboursé à 100 % » signifie aussi « limité aux dispositifs déjà inscrits sur la liste ». Autrement dit, les prothèses standards, présentes depuis des années.
Nos prothèses sur mesure — Air’avanti®, Meavanti® et Suitavanti® — n’y figurent pas. Non pas parce qu’elles seraient moins efficaces, mais parce que le chemin pour intégrer cette liste est long, rigoureux et coûteux.
Comment un dispositif médical devient remboursable
Pour qu’une prothèse soit inscrite sur la liste des dispositifs remboursés (la LPPR), son fabricant doit déposer un dossier auprès de la Haute Autorité de Santé (HAS), via la CNEDiMTS — la Commission Nationale d’Évaluation des Dispositifs Médicaux et des Technologies de Santé.
Ce processus comprend plusieurs étapes. D’abord, la préparation du dossier : études cliniques, données médicales, preuves d’efficacité, comparaison avec les dispositifs existants — souvent des centaines de pages. Ensuite, l’inscription formelle, qui implique des frais administratifs de plusieurs milliers d’euros par dispositif. Puis vient l’évaluation par des experts médicaux indépendants, qui dure plusieurs mois. Enfin, en cas d’acceptation, le dispositif est inscrit sur la LPPR.
Ce cadre existe pour une raison légitime : protéger les patientes et garantir que seuls les dispositifs ayant prouvé leur efficacité sont pris en charge par la collectivité.
Le défi des petites entreprises innovantes
C’est pourtant là que le système rencontre ses limites. Un grand groupe international dispose d’équipes juridiques, médicales et réglementaires dédiées à ces dossiers. À l’inverse, une entreprise innovante française, qui finance sa recherche euro par euro et accompagne ses patientes une par une, affronte exactement le même processus : les mêmes exigences, les mêmes frais, les mêmes délais — sans les mêmes moyens.
Ce n’est pas une injustice volontaire, mais une réalité structurelle que le système commence à peine à reconnaître.
Ce que vous pouvez faire aujourd’hui
En attendant, plusieurs solutions existent pour ne renoncer à rien.
D’abord, votre prothèse standard remboursée : n’y renoncez pas, c’est votre droit. Elle peut vous accompagner pendant que vous explorez d’autres options.
Ensuite, votre mutuelle : certaines complémentaires prennent en charge des prothèses au-delà du remboursement de base. Renseignez-vous directement auprès de la vôtre.
Pensez également aux aides sociales : selon votre situation, votre assistante sociale hospitalière ou votre CPAM peuvent mobiliser des dispositifs d’aide. De même, certaines associations de patientes orientent vers des fonds spécifiques au cancer du sein.
Enfin, n’hésitez pas à nous contacter : notre équipe vous aide à comprendre vos options et à trouver la solution la mieux adaptée à votre situation — sans engagement et sans pression.
Aucune femme ne devrait renoncer à une prothèse qui lui convient faute de moyens. Parlons-en.
Questions fréquentes
Une prothèse standard est-elle remboursée à 100 % ?
Oui. En France, les prothèses mammaires externes standards sont prises en charge à 100 % par l’Assurance Maladie dans le cadre d’une ALD, sur ordonnance médicale et auprès d’un fournisseur agréé.
Air’avanti®, Meavanti® et Suitavanti® sont-elles remboursées ?
Non. À ce jour, nos prothèses ne sont pas inscrites sur la liste des dispositifs remboursés. Certaines mutuelles peuvent toutefois proposer une prise en charge complémentaire : nous vous invitons à interroger directement la vôtre.
Ai-je besoin d’une ordonnance ?
Pour la prothèse standard remboursée, oui : une ordonnance de votre médecin ou chirurgien est nécessaire. Pour nos prothèses, contactez-nous et nous vous guiderons.