Remboursement de la prothèse mammaire externe : comment ça fonctionne vraiment ?
C’est souvent l’une des premières questions après le diagnostic.
« Est-ce que ma prothèse sera remboursée ? »
La réponse courte : oui — à 100% — pour les prothèses standards.
La réponse complète est un peu plus nuancée. Et elle mérite d’être expliquée clairement.
Parce que comprendre comment fonctionne le remboursement des dispositifs médicaux en France, c’est aussi comprendre pourquoi certaines innovations mettent du temps à être accessibles à toutes.
Cet article n’est pas là pour se plaindre du système. Il est là pour vous l’expliquer, et avec respect pour tous les acteurs qui y travaillent.
Ce qui est remboursé aujourd’hui
En France, les prothèses mammaires externes standards sont remboursées à 100% par l’Assurance Maladie. C’est une avancée réelle et importante pour les femmes post-mastectomie.
Concrètement, voici comment ça fonctionne :
- Remboursement à 100% par la Sécurité Sociale
- Renouvelable tous les 18 mois
- Sur ordonnance de votre médecin ou chirurgien
- Auprès d’un orthopédiste, applicatrice ou d’une pharmacie spécialisée agréée
Ce que ça veut dire en pratique : une femme qui sort de l’hôpital après une mastectomie peut obtenir une prothèse mammaire externe standard entièrement prise en charge par l’Assurance Maladie. C’est un droit. Faites-le valoir.
Mais — et c’est là que tout se complique — « remboursé à 100% » signifie aussi « limité aux dispositifs déjà approuvés ». C’est-à-dire les prothèses standards, celles qui existent depuis des années.
Les prothèses innovantes, sur mesure, conçues avec des technologies nouvelles comme Air’avanti®, Meavanti® et Suitavanti® ne sont pas encore dans cette liste.
Pas parce qu’elles sont moins efficaces. Mais parce que le chemin pour y entrer est long, rigoureux et coûteux.
Comment un dispositif médical devient remboursable
Pour qu’une prothèse innovante soit inscrite sur la liste des dispositifs remboursés, le fabricant doit déposer un dossier auprès de la Haute Autorité de Santé (HAS) — et plus précisément auprès de la CNEDiMTS, la Commission Nationale d’Évaluation des Dispositifs Médicaux et des Technologies de Santé.
Ce processus comprend plusieurs étapes :
- La préparation du dossier : études cliniques, données médicales, preuves d’efficacité, comparaison avec les dispositifs existants — un dossier complet peut représenter des centaines de pages.
- L’inscription au dépôt : chaque dispositif médical nécessite une inscription formelle — avec des frais administratifs à la charge du fabricant, soit plusieurs milliers d’euros par dispositif médical.
- L’évaluation par des experts : la HAS mandate des experts médicaux indépendants pour évaluer le dossier. Ce processus peut prendre plusieurs mois.
- La décision de remboursement : si le dossier est accepté, le dispositif est inscrit sur la LPPR avec un tarif de remboursement négocié.
Ce système existe pour une raison légitime : protéger les patients et garantir que seuls les dispositifs médicaux ayant prouvé leur efficacité sont pris en charge par la collectivité. C’est un cadre juste. Qui doit être égal pour tous.
Le défi des innovations médicales
Mais voilà où le système rencontre ses propres limites.
Un grand laboratoire pharmaceutique ou un fabricant international dispose d’équipes juridiques, médicales et réglementaires dédiées au dépôt de ces dossiers.
Une entreprise innovante française, portée par une fondatrice qui a inventé une prothèse unique au monde, qui finance sa recherche euro par euro, qui accompagne ses patientes une par une depuis des années — elle doit affronter exactement le même processus. Avec les mêmes exigences. Les mêmes frais. Les mêmes délais. Sans les mêmes ressources.
Ce n’est pas une injustice volontaire. C’est une réalité structurelle que le système commence seulement à reconnaître.
Chez Newteam Medical, nous traversons ce chemin depuis plusieurs années. L’étude clinique menée avec l’Oncopole de Toulouse — la plus grande étude clinique européenne sur nos dispositifs — a été interrompue pendant la période Covid. Il a fallu des mois de démarches pour obtenir une prolongation et la reprendre.
Des rendez-vous préalables avec la HAS, des dossiers préparés avec soin, des experts consultés — et derrière tout ça, des professionnels de santé engagés, des chercheurs patients, des femmes qui participent à l’étude parce qu’elles croient que leur expérience peut aider les femmes qui viennent après.
Tout cela avec une conviction profonde et intacte : les femmes post-mastectomie méritent d’avoir accès à des prothèses ergonomiques et esthétiques sans que leur portefeuille soit le seul critère de choix.
Ce que le remboursement changerait concrètement
Aujourd’hui, sans remboursement pour nos prothèses innovantes :
- Air’avanti® — prothèse de convalescence dès J+1
- Meavanti® — prothèse sur mesure par scanner 3D
- Suitavanti® — prothèse sur mesure pour cas complexes
Ces sommes représentent un effort financier réel pour une femme qui vient de traverser une opération, qui est peut-être en arrêt de travail, qui fait face à des frais médicaux multiples.
Demain, avec un remboursement même partiel : ce ne serait plus une question d’argent. Ce serait une question de choix. Chaque femme pourrait choisir la prothèse qui lui correspond vraiment — pas seulement celle qu’elle peut se permettre financièrement.
600 femmes ont déjà fait ce choix, en payant de leur poche. Parce que la différence était réelle, concrète, quotidienne. Imaginez ce que ce serait si toutes les femmes pouvaient choisir.
Ce que vous pouvez faire aujourd’hui
- Votre prothèse standard remboursée : n’y renoncez pas. C’est votre droit. Elle peut vous accompagner pendant que vous explorez d’autres options.
- Votre mutuelle complémentaire : certaines mutuelles prennent en charge les prothèses mammaires innovantes au-delà du remboursement Sécurité Sociale. Renseignez-vous en précisant qu’il s’agit d’un dispositif médical certifié CE.
- Les aides sociales : selon votre situation, des aides peuvent être mobilisées via votre assistante sociale hospitalière ou votre CPAM.
- Les associations de patientes : certaines associations peuvent vous orienter vers des fonds d’aide spécifiques au cancer du sein.
- Nous contacter directement : notre équipe peut vous aider à comprendre vos options et à trouver la solution la plus adaptée à votre situation — sans engagement, sans pression.
Aucune femme ne devrait renoncer à une prothèse qui lui convient faute de moyens. Parlons-en.
Questions fréquentes
Une prothèse standard est-elle remboursée à 100% ? Oui. En France, les prothèses mammaires externes standards sont remboursées à 100% par l’Assurance Maladie, renouvelables tous les 18 mois, sur ordonnance médicale.
Air’avanti® est-elle remboursée ? Pas encore dans le cadre du remboursement standard. Nous travaillons activement au dépôt du dossier de remboursement auprès de la HAS. Contactez votre mutuelle — certaines prennent en charge les dispositifs médicaux certifiés CE de manière complémentaire.
Ai-je besoin d’une ordonnance ? Pour la prothèse standard remboursée, oui — une ordonnance de votre médecin ou chirurgien est nécessaire. Pour nos prothèses innovantes, contactez-nous pour vous guider.
Quand le remboursement sera-t-il possible ? Nous ne pouvons pas donner de date précise. Ce que nous pouvons vous dire, c’est que nous y travaillons chaque jour — pour que demain, le choix de votre prothèse n’appartienne qu’à vous.
Le remboursement d’un dispositif médical innovant est un chemin long. Long parce qu’il est rigoureux. Long parce qu’il demande des preuves. Long parce qu’il coûte cher à ceux qui le portent seuls.
Nous respectons ce cadre. Nous y croyons même — parce qu’il protège les patientes. Mais nous croyons aussi que ce cadre doit évoluer pour entendre la voix des innovateurs qui n’ont pas les moyens des grands groupes, et pour répondre aux besoins des femmes qui n’ont pas les moyens d’attendre.
En Europe, des centaines de milliers de femmes vivent après une mastectomie sans reconstruction chirurgicale. Elles méritent le choix. Pas le compromis.
Nous continuons. Pour elles.